Le procès de la fusillade rue du Dries vu par un de nos membres Philippe Vandenberghe

Au procès…

Chers amis, pour moi, c’était la première fois que j’assistais à un procès. Ces deux journées ont été très riches d’enseignement et très stressantes. Aujourd’hui je peux dire que cette expérience fut parfois dure, mais au final je reste heureux d’avoir assisté au déroulement et même du dénouement.

Le premier jour, comme tout le monde, je m’attendais à ce qu’Abdeslam refuse de participer. Sur ce point nous n’avons pas été déçus. Après avoir tenté l’outrage en refusant de se lever et en refusant de donner son identité, il s’est contenté d’un phrase ridicule sortie du manuel du terroriste et qui ne laisse planer aucun doute sur son état d’esprit et sa volonté toujours intacte de tuer. Grâce à Guillaume Lys, notre association a bien été reconnue comme partie civile au procès. La hargne de Sven Mary contre nous n’a pas ébranlé Guillaume qui a pu faire reconnaître notre droit et être au procès.

La présidente a tenté de faire parler Ayari, avec un succès très limité, certes, mais le peu qu’il a reconnu a permis d’en savoir beaucoup sur son parcours de djihadiste entre Tunisie, Syrie et les planques en Belgique. La suite a été très intéressante et je suis heureux d’avoir pu entendre le procureur et les réquisitoires des parties civiles qui ont expliqué le “guet-apens” que fut la fusillade de la rue du Dries, les conséquences sur les victimes policières qui ne s’attendaient pas à trouver des terroristes derrière la porte, mais aussi les notions de contexte terroriste, d’assassinat, de préméditation et pourquoi Abdeslam doit être considéré comme co-auteur. J’ai été très étonné de la rapidité des débats, et à 16 heures déjà les réquisitoires des parties civiles étaient presque terminés. La présidente a donc accepté la demande des avocats de la défense de reprendre le procès le jeudi. A ma grande surprise je découvrais que procès ne prendrait que deux journées.

Le deuxième jour fut très pénible, évidemment… Après les dernières plaidoiries des parties civiles, l’avocat de la défense d’Ayari s’est lancé dans des argumentations et des comparaisons particulièrement pénible à entendre et par plusieurs aspects choquants aussi. J’étais là pour entendre ce que l’avocat avait à dire pour la défense d’Ayari, mais je dois reconnaître que je ne pensais pas être si affecté par ses propos. Je crois que JeanFrançois Mondeguer (13onze15) a aussi été particulièrement choqué par certains propos et a dû sortir. Ce qui est également très stressant c’est que pendant la plaidoirie, les autres avocats, restent impassibles et muets. C’est la procédure… mais pour les personnes qui assistent à cela, et les victimes, on a l’impression que de telles paroles sont acceptées sans contestation. Cette situation est donc particulièrement difficile. On a l’impression qu’on est “obligé” d’écouter sans pouvoir contester et sans que nos avocats contestent. Et donc le stress monte. Sven Mary a ensuite tenté le vice de procédure. C’est vrai que c’est particulièrement étonnant d’entendre qu’il demande la nullité de tout parce qu’une personne aurait dû faire une demande en néerlandais. Mais je dois avouer que ce point de procédure ne m’a pas trop inquiété. Vu qu’il n’y a consacré qu’une petite partie de sa plaidoirie je me suis dit qu’il ne devait peut-être pas trop y croire lui-même (j’espère que je ne me trompe pas). La suite de sa plaidoirie a été aussi pénible que pour la défense d’Ayari, pour les mêmes raisons.

Heureusement, à la fin, les parties civiles ont pu faire des “répliques” et démonter les arguments de la défense. Bref, deux journées de stress, mais qui au final nous permettent d’en savoir beaucoup plus sur le modus operandi des terroristes.

Le 29 mars, une nouvelle audience aura lieu lors de laquelle la voix de l’association sera entendue afin de défendre le point de vue des victimes.

Philippe Vandenberghe

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