Texte de Jesca pour sa maman Fabienne qui aurait eu 52 ans hier.

 

Maman,

Aujourd’hui j’aimerais malgré tout que cette journée du 19e janvier soit un souvenir à chérir. Car ta naissance a permis à tant de personnes de trouver le bonheur.

Grâce à ta naissance, non seulement Laurens et moi sommes venus au monde, mais également Loes et Oliver, sans lesquels je n’aurai pas la même force à ce jour.

Tu nous a appris tant de choses et surtout, tu nous as aimé de tout ton coeur. Tu as été le bonheur de oma et opa, la soeurette aimée de Philippe, la femme parfaite de papa…

Je suis tellement contente que tu aies pu transmettre ta personnalité et ton amour à Loes avant de t’en aller.

Aujourd’hui, nous avons envoyé des bisous dans le ciel en criant fort “bon anniversaire, Moeke !”.

J’espère que tu nous as entendus…

Ik mis je

Ta fille qui t’aime,

Jesca

 

Autre petit texte d’Antoine dit Tony, (notre adorable “papy” de l’association)

Ce texte a été écrit le 30 mars, 8 jours après les attentats.

 

Chers tous, merci pour vos marques d’amitié.

En réponse à quelques questions : oui, j’étais dans un wagon de cette rame de métro. Je partais seul pour quelques démarches en ville. Après avoir erré un temps que je ne peux déterminer, à la sortie de la station Maelbeek, les transports publics arrêtés j’ai mis pas mal de temps à rentrer chez moi, avec des péripéties que je raconterai plus tard.

Au moment de l’explosion, j’avais un appareil photos en poche et j’ai pris quelques clichés pendant mon évacuation du wagon puis vers la rue de la Loi, qui a pris environ une heure.

A la Bourse, dimanche dernier, j’ai été interviewé par une chaine TV suisse puis par une équipe de “Paris Match” intéressée par mon commentaire et mes photos. Ils n’avaient pas pu descendre dans la station Maelbeek. Par téléphone et rencontres, les choses se sont précisées avec eux. Je suis curieux de voir ce qu’il en sera.

Annie et moi sommes retournés à la Bourse plusieurs fois et hier en métro, à nouveau en fonction. Pas de crainte mais il me fallait “conjurer”.

Et puis, que penser ? L’indice de précaution descendra de 4 à 3 … Les djihadistes auront bien le temps et choisiront pour se rappeler “au bon souvenir”. Changement d’époque ? Je ne crois pas bien à une réaction politique tangible, déterminante, dans notre petit pays déjà presque éclaté, ou à l’échelon européen.

Beaucoup d’encres, de questions et de discussions, encore…

Bien amicalement.

Tony

Mardi 22.03.16 – 09h11

 

Station Maelbeek,

 

 

Le physique indemne, c’est dans la tête que cela doit mûrir. Seul le hasard a tiré car je ne crois pas au destin. Rien n’est écrit et il serait bien présomptueux de nous penser supérieurs en ce monde que l’humain fait dériver.

Sensation bizarre d’être là “par exception ?”, que c’est pas juste pour d’autres, autour de moi frappés. Brouillard… et comme un déséquilibre. “Mais qu’est-ce que je fais maintenant ?”

Incompréhension de ce que je vois plus tard à la télé, dans les journaux. Commentaires dérisoires des “autorités”. C’est quoi, ce dérapage de notre société qui n’a rien vu venir ? J’y pensais souvent mais c’est en écrivant ceci que je tente de faire le point, de réunion des éléments, de faire un bouquet.

Continuant sur ce chemin, je pense arriver, à atterrir. Une vue cependant : l’éclair initial ne me quittera jamais. Positif : dans les secondes qui l’ont suivi, la réalité m’est tombée que les problèmes parus graves sont bien secondaires, alors que je m’y scotchais. Est-ce une pensée durable ?

Aussi, quel luxe de s’appesantir sur mon petit chemin, alors que …… et je pense tendrement à eux.

Bien à vous.

Antoine dit Tony (notre adorable “papy” de l’association)

Ce 18 décembre 2016, l’employeur de Fabienne Vansteenkiste, “Avia Partner”, nous a organisé un lâcher de ballons en son honneur uniquement. Il n’était pas question de revenir sur cette triste journée des attentats à Zaventem qui a touché tous les collègues au plus profond d’eux-mêmes. Leur seul souhait était de partager les souvenirs de Fabienne, en tant qu’ami(e), collègue, patron…

Nous étions invités à Malignes dans un club de hockey où nous étions tout de suite accueilli par Danielle Iwens, l’organisatrice, chère collègue de Fabienne et depuis, un grand soutien pour nous tous.

Dès que nous sommes rentrés, les couleurs des ballons nous invitaient à sourire. Les petits-enfants de Fabienne, Loes (5 ans) et Oliver (2 ans) étaient ravis de pouvoir dessiner sur des petites cartes munies d’une photo en noir et blanc de leur “Moeke”, et d’ensuite pouvoir les accrocher au ballon de leur choix.

Les événements qui ont suivis étaient tous intenses et touchants. Les discours remplis de vérité et de sincérité à l’égard de Fabienne, les discussions partagées avec chacun d’eux. Nous avons écouté leurs difficultés à surmonter l’épreuve, leur courage de continuer. Nous avons vu leurs larmes, leur envie de partager, de nous soutenir.

Toutes ces émotions se traduisaient à merveille lors du lâcher de ballon : tous ensemble en cercle, presque en se donnant la main pour regarder s’envoler ces couleurs haut dans le ciel pour que Fabienne puisse ressentir tout cet amour que nous lui avions envoyé…

Sa fille, Jesca VAN CALSTER