Aide psychologique

Les victimes d’un attentat terroriste souffrent souvent de stress post-traumatique. Cela peut durer longtemps. Une aide psychologique peut aider.

Le stress post-traumatique

L’onde choc d’un attentat terroriste ne provoque pas seulement la mort ou des blessures physiques. La violence provoque aussi une souffrance psychologique connue sous le nom de stress post-traumatique (1). Quand on vit une expérience effrayante, on y repense très souvent. Chez certaines personnes, ces pensées pénibles s’accompagnent de souvenirs très envahissants (flash-back) et de sentiments douloureux comme la peur d’aller dans une foule ou de prendre un transport en commun, le sentiment d’être en danger, des paniques liées à un bruit soudain, de l’irritabilité ou la sensation d’être engourdi sur le plan émotionnel… Cela peut devenir obsessionnel. Cela peut amener des troubles du sommeil (insomnies, cauchemars), des maux de tête, des difficultés à gérer les relations avec les autres personnes, que ce soit dans le couple, la famille, les amis, au travail.

Parfois, cela met des années à nous rattraper

Chez certaines personnes, cela ne se produit pas tout de suite. Pendant plusieurs mois, voire pendant des années, elles mènent une vie normale sans peur, sans panique, apparemment sans problème. Et puis, le stress post-traumatique les rattrape. Cela peut arriver brutalement suite à un incident ou s’installer progressivement. Voilà pourquoi les personnes qui ont vécu des événements aussi traumatisants sont invitées à rester vigilantes pour détecter toute évolution douloureuse.

Une étude française sur les victimes du terrorisme

En France, le service public Santé Publique France (SPF) a publié en novembre 2018 une enquête sur les conséquences des attentats de novembre 2015 à Paris qui ont causé la mort de 130 personnes et fait plus de 400 blessés. Cette étude a été réalisée de juillet à novembre 2016, soit 8 à 11 mois après les attentats. Elle s’appuie sur un groupe de 526 répondants appartenant à 3 grandes catégories de victimes :

– Les personnes menacées directement, blessées ou non

– Les témoins, sur les lieux-mêmes des attentats ou à proximité

– Les proches des personnes décédées que l’étude appelle les endeuillés

Les principaux résultats sont :

  • 54% des menacés directs souffrent de stress post-traumatique, 36% souffrent de dépression, 52% ont commencé à consommer des substances psychoactives (alcool, cannabis, drogues, médicaments) ou ont augmenté leur consommation.
  • 54% des endeuillés souffrent également de stress post-traumatique, 49% souffrent de dépression, 60% ont commencé à prendre des substances psychoactives ou ont augmenté leur consommation. Sur le plan psychologique, les endeuillés semblent donc encore plus touchés que les menacés directs.
  • 25% des témoins souffrent de stress post-traumatique, 26% souffrent de dépression, 30% ont commencé à prendre des substances psychoactives ou ont augmenté leur consommation. Même si les témoins n’ont pas été menacés directement et ne sont pas endeuillés par les attentats, le fait d’avoir assisté aux conséquences de la violence est tout sauf anodin !

La même agence a aussi interrogé les différents corps de métiers qui sont intervenus pendant les attentats : pompiers, services médicaux d’urgences, policiers, protection civile, etc. Au total 631 personnes ont été interrogées pendant la même période de juillet à novembre 2016, toujours 8 à 11 mois après les attentats. Au total, 5% des répondants souffrent de stress post-traumatique. Dans les forces de police, l’impact est deux fois plus élevé avec 10% des répondants. Ceci confirme le point de vue de V-Europe qui considère que les intervenants professionnels (first responders) sont une catégorie de victime à part entière.

Source : Les attentats de 2015 en France : mesurer leur impact en santé publique pour mieux préparer la réponse, Santé Publique France, novembre 2018

Un guide pour faire le point

Voici un lien vers un guide qui peut vous aider à évaluer votre situation. En cas de doute, il est préférable de consulter l’un ou l’autre professionnel de l’aide psychologique.

Guide psychologique d’auto-assistance après un attentat terroriste

édité par l’Asociacion Victimas del terrorismo (Espagne) et European Plateform to Assist Victims of terrorism (EPAVT)

Que propose V-Europe ?

Entretien individuel et rencontres entre victimes

Il n’y a pas de solutions toutes faites pour soigner le stress post-traumatique. Chaque personne est différente. Certaines techniques conviennent aux uns et pas aux d’autres. L’aide psychologique dépend très fortement de l’entourage, du soutien trouvé parmi les proches, de la rencontre avec les soignants professionnels. Il n’est pas toujours possible de trouver le “bon” professionnel du premier coup. Si vous êtes en thérapie avec quelqu’un qui ne vous convient pas, c’est décourageant. Il faut peut-être essayer d’en trouver un autre. C’est un cheminement très personnel.

Nous insistons sur les points suivants :

1) Quand on a été touché par un attentat terroriste, c’est normal d’être en souffrance. C’est normal d’avoir besoin d’aide. C’est vrai pour toutes les victimes, que ce soient les personnes blessées, les personnes menacées, les proches des victimes (décédées ou non), les témoins, les professionnels des services de secours et de police, etc.

2) Même si vous vous sentez bien aujourd’hui, il est prudent de vous inscrire comme victime du terrorisme (voir notre page “Vos droits”). En effet, le stress post-traumatique peut se déclencher longtemps après l’attentat. Si vous êtes inscrits comme victime, vous pourrez peut-être obtenir une aide précieuse de la part des pouvoirs publics.

V-Europe vous propose 2 formules :

a) Vous pouvez participer à un entretien individuel pour faire le point sur votre situation. Vous recevrez des informations de base sur les aides existantes, que ce soit au niveau des pouvoirs publics ou au niveau thérapeutique. Nous ne sommes pas en position de vous recommander telle ou telle option. C’est à vous de voir et de chercher ce qui pourrait vous convenir. Notre but est avant tout de vous informer.

b) Régulièrement, nous organisons des rencontres entre victimes des attentats. Cela peut prendre la forme d’une promenade suivie d’un pique-nique ou un repas suivi d’une conférence sur un sujet lié à nos situations. C’est l’occasion de nous retrouver entre nous et de partager nos expériences et nos ressentis.

Par ailleurs, V-Europe collabore également avec des projets thérapeutiques de très grande qualité, organisé par nos collègues français de l’AFVT (Association Française des Victimes du terrorisme). Si cela vous intéresse d’en savoir plus, cliquez sur les liens :

Projet Mimosa

Destiné aux enfants (de 4 à 12 ans), ce projet propose une prise en charge journalière des enfants sur une période de cinq jours. Il offre également aux parents un espace nécessaire pour rétablir le lien que le traumatisme des enfants, voire celui des parents, a endommagé ou rompu.

Projet Papillon

Destiné aux adolescents et aux jeunes adultes âgés de 15 à 23 ans, touchés par un acte terroriste de manière directe et/ou indirecte. Ce programme est ouvert aux victimes du monde entier dès lors qu’elles parlent le français.

Projet Phoenix

Destiné aux adultes touchés par un acte terroriste, il se présente sous la forme d’un séjour de cinq jours pour une dizaine de pensionnaires. Groupes de parole suivi d’ateliers de création.

Contact pour les entretiens individuels

Vous souhaitez être tenu(e) au courant des rencontres organisées par V-Europe ?

contact@v-europe.org

(1) Ce stress est souvent désigné par les initiales de son nom médical : TSPT pour “Trouble de Stress Post-Traumatique”. Il est parfois fait référence à un autre acronyme : ESPT pour “Etat de Stress Post-Traumatique”. En anglais, l’acronyme est PTSD pour “Post Trauma Stress Disorder”.